Survivre et se reconstruire

Je n’aurai pas la prĂ©tention de vous livrer un mode d’emploi du deuil, car chacun ou chacune de nous le vivra Ă  sa façon. Cependant je pense que je peux Ă©clairer un peu vos entourages sur ce qui se passe en vous et peut-ĂȘtre vous dire que vous ĂȘtes dans un processus normal…

Je savais que ce jour arriverai, oui nous le savons tous, mais dans mon cas c’Ă©tait une Ă©vidence, on ne vit pas une histoire d’amour avec une diffĂ©rence d’Ăąge de 30 ans , sans avoir la pleine conscience des mots « jusqu’Ă  ce que la mort vous sĂ©pare » !

Donc mĂȘme si on le sait tous, parfois de maniĂšre plus prononcĂ©e que d’autre, il n’existe aucune prĂ©paration Ă  ce que l’on va vivre intĂ©rieurement… et pourtant j’ai un bon entrainement face au deuil, j’ai dĂ©jĂ  perdu bien trop de monde.

Pour résumer quelque peu voici 3 images assez explicitent

  • Notre cƓur, au sens propre et au figurĂ©, nous sommes heureux et en vie

  • Quand la vie  dĂ©cide que le chemin s’arrĂȘte pour l’un de nous

  • Notre cƓur, celui qui reste (au sens figurĂ© uniquement).

Un tracĂ© plat, notre existence est devenue morne, entrecoupĂ© de petites pointes de joie, brefs instants de calme et de bien-ĂȘtre, jalonnĂ© de profondes descentes aux enfers.  Nous tombons dans les limbes, nous nous replions dans des endroits, reculĂ©s, sombres et profonds, de notre esprit, d’oĂč il est bien difficile de revenir.

C’est ce que je vis et ressens et probablement ce que vous aussi vous traverserez.

Pour vos proches ou votre entourage, vous restez semblable, triste mais vous ĂȘtes restĂ© vous-mĂȘme. Alors que non et c’est cela que je voudrais vous expliquer aujourd’hui, ceci en vous parlant de ce que je traverse.

Je suis morte en mĂȘme temps que mon mari  !

Ce qui faisait de moi ce que j’Ă©tais : n’est plus, quand vous vivez comme moi durant 21 ans avec une personne que vous aimez et qui vous aime, la douleur va au-delĂ  de la sĂ©paration physique.

Durant 250 mois j’ai vĂ©cu, changĂ©, Ă©voluĂ© Ă  travers et grĂące Ă  l’autre et son amour, quand tout ceci disparait, vous n’exister plus non plus : il vous faut vous reconstruire de A Ă  Z !

J’ai affrontĂ© beaucoup de souffrance durant mon enfance, la vie ne m’a pas vraiment Ă©pargnĂ© et cette douleur, couplĂ© Ă  un manque d’amour, de gestes d’affection et du dĂ©sintĂ©ressement gĂ©nĂ©ral des autres envers moi, m’a conduit Ă  ma vie aujourd’hui.

Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumiĂšres, ce n’est pas mon but, loin de lĂ  . Mon enfance n’a pas Ă©tĂ© malheureuse, je n’ai pas Ă©tĂ© maltraitĂ© ou quoi que ce soit. J’Ă©tais juste la fille qui passait inaperçue, que l’on croyait forte et qui pouvait se dĂ©brouiller seule. Les quelques personnes pour qui je « comptais » m’ont Ă©tĂ© prises par la vie.

J’Ă©tais une jeune femme cassĂ©e Ă  l’intĂ©rieur qui a rencontrĂ© un homme qui a tout changĂ© !

Je suis enfin devenue le centre de l’attention de quelqu’un, oui…, j’existais Ă  travers les yeux d’un autre, pour un autre ! Je comptais, bref il m’a sauvĂ© de moi-mĂȘme il y a bien longtemps.

MĂȘme si mon mari n’Ă©tais pas parfait, loin de lĂ , mĂȘme si notre histoire a connu des passages Ă  vide, nous Ă©tions ensemble et  mĂȘme quand il m’Ă©nervait au plus au point, il restait celui croyait en moi.

Il avait allumĂ© une petite flamme en moi qui grandissait de jour en jour. Ainsi je suis devenue au fil du temps la personne qui sommeillait en moi, tel un papillon j’ai Ă©clos et dĂ©ployĂ© mes ailes. J’ai pris confiance en moi, j’ai grandi, je me suis affirmĂ©e et ça bien entendu ça n’a pas changĂ©.

Seulement c’est lui qui faisait vivre cette flamme, qui l’alimentait par son amour et c’est fini …

Nous avons construit notre famille, notre endroit Ă  nous, endroit oĂč je pouvais ĂȘtre moi-mĂȘme Ă  300 %. Aussi chiante que possible, parce que pour lui c’Ă©tait une qualitĂ© (j’Ă©tais chiante dans le bon sens, selon ses dires, allez savoir ce que ça veux dire lol)  Mais le plus important, est que je n’Ă©tais plus seule, plus triste, plus cassĂ©e Ă  l’intĂ©rieur. Au fil des ans je m’Ă©tais forgĂ©e une grosse carapace, pas une de celles qui vous protĂšge du mal que l’on peut vous faire, non, une carapace qui empĂȘche les autres de voir Ă  quel point vous souffrez de ce qu’ils vous ont fait.

Lui seul savait quand je n’allais pas bien, quand une chose m’avait profondĂ©ment blessĂ©e.
Lui seul avait trouvĂ© l’entrĂ©e de ma carapace
Lui seul me déclenchait des fous-rire à répétition.
Il avait stabilisé mon ùme.

Aujourd’hui je me sens perdue, je ne suis plus celle que j’Ă©tais avant lui, je ne suis plus celle que j’Ă©tais avec lui  et je ne sais pas qui je serais aprĂšs lui …

Le plus terrible est qu’il Ă©tait mon refuge, ses bras ma forteresse… Aujourd’hui oĂč je souffre le plus et que j’en ai le plus besoin, tout ceci a disparu !

Il Ă©tait mon confident, le seul Ă  qui je disais tout, sans filtre. Aujourd’hui, oui j’ai des amies, de la familles, des enfants mais personne Ă  qui je veux/peux dire tout ce que je ressens, sous peine de dĂ©moraliser voir d’inquiĂ©ter tout le monde. La solitude intĂ©rieure est d’autant plus importante.

Une longue route vous attend, un chemin que vous ne pourrez emprunter que seul(e). Vous allez connaitre des moments de tristesse intense à vouloir hurler de douleur, des moments de vide total et ne plus rien ressentir, et des moments de culpabilité face à votre absence momentanée de douleur.

Si comme moi vous ĂȘtes Ă©motionnellement sĂ©lective, que vous n’accordez  la clĂ© de votre Ăąme qu’Ă  peu de personne, il sera d’autant plus difficile d’expliquer Ă  vos proches que leur aide n’y fera rien. Ils se sentiront inutiles, parfois mĂȘme cela vous mettra mal Ă  l’aise de devoir les repousser.

Chers proches, ne le prenez pas mal, nous ne choisissons pas à qui nous nous raccrochons, nous sommes malheureux, perdus et esseulés. TantÎt  nageant à contre courant, tantÎt entamant une longue traversé du désert.

Tout ce que vous pouvez faire : c’est ĂȘtre dans les parages, restez vous-mĂȘme et attendez ! N’essayez pas de rĂ©parer cette personne car il y a des chances que vous le fassiez pour vous-mĂȘme (ne supportant pas de la voir si triste). Seulement cette phase doit ĂȘtre traversĂ©e et subie, avant d’aller bien, il nous faut aller mal !

 

 

 

 

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